Festival Automne Musical de Châtellerault

Les witches

  1. Diminuer la taille du texte
  2. Augmenter la taille du texte
  3. Imprimer
  4. Envoyer ce contenu par mail
  5. Le fil RSS
  6. Accueil

Vendredi 30 novembre à 20 h 45
NOUVEAU THÉÂTRE DE CHÂTELLERAULT

 

violonisteGvH.jpgLes Witches
“La ronde de nuit”

 

Nathalie Marec : soprano

Bruno Boterf : ténor
Odile Edouard : violon

Claire Michon : flûtes
Sylvie Moquet : viole de gambe

Pascale Boquet : luth
Freddy Eichelberger : clavecin

 

 

 

 

 

 

 


 

Programme

Onse Vader in Hemelrijk
Jan PIETERSZOON SWEELINCK (1562-1621)
A Fancy - John DOWLAND (1562-1626)
Come sweet love (Bara Fostus Dream) - Anonyme
Almaine The Nightwatch & Gagliard - Anthony HOLBORNE
Come when I call - John DOWLAND
O mistress mine - Thomas MORLEY (1557-1602)
Gagliard Muy Linda - Anthony HOLBORNE
Silvia mijn Lief (Malle Symen) (Friesche Lust-Hof, 1626)
Ed. Jan STARTER
Salte Pitts (Manchester Gamba Book) - Richard SUMARTE
In darkness let me dwell - Giovanni COPERARIO (1575-1626)
Fantaisie chromatique - Jan PIETERSZOON SWEELINCK
From Silent Night (A Pilgrimes Solace, 1612)
John DOWLAND
Can she excuse / Excuse Moy
(First Book of Songes, 1597 / Der Fluyten Lusthof, 1649)
John DOWLAND / Jacob VAN EYCK
Sine titulo - Johan SCHOP (±1600-1665)
Blydschap van mijn vliedt
Anonyme / Jacob VAN EYCK (1590-1657)
Heare me o God - Alfonso FERRABOSCO II (1572-1628)

 

Le programme en clair-obscur recrée l'intimité d'une soirée musicale en famille, et nous fait revivre le passage entre deux siècles : le XVIe et le XVIIe ; entre deux mondes : l’Angleterre et les Flandres,et entre deux musiques : celle de la cour d’Elisabeth Ire et celle des tavernes et des villages.
Le XVIe siècle populaire nous offre l’héritage des Ballad Tunes, et le XIIe nous apporte les effets dramatiques des Ayres de John Dowland accompagnés au luth.
Les Flandres nous livrent les savantes variations de Jacob van Eyck et Johann Schop sur des thèmes anglais, tandis que l’Angleterre mélancolique se lamente de Lachrimae en Sorrow, de Death en Darkness, mais sait aussi se divertir et danser au son des Tunes et Jigs de Playford…

Enfin, ce concert est mis en lumière, afin de récréer l'ambiance des tableaux des peintres flamands de cette époque. Hendrik ter Brugghen et Gerrit van Honthorst rapportèrent de Rome la "leçon" du Caravage : oppositions violentes d'ombre et de lumière dont on retrouvera l'influence chez Rembrandt.

Amsterdam 1630, au coeur du Gouden Eeuw (Siècle d’or des artistes et des navigateurs hollandais), la musique banie du culte calviniste se pratique “ès maisons”. Les psaumes y côtoient les danses et les fantaisies savantes, la légèreté alterne avec la mélancolie, le clair avec l’obscur.
L’organiste de la Nieuwe Kerk, Jan Pieterszoon Sweelinck est mort depuis bientôt 10 ans, mais son influence reste très présente : sans jamais quitter sa ville natale, l’Orphée d’Amsterdam a réalisé le lien entre les virginalistes anglais (Byrd, Bull, Philips....) et l’école allemande de clavier. On trouve certaines de ses oeuvres dans le Fitzwilliam Virginal Book, manuscrit anglais de musique pour clavier copié par Francis Tregian au début du XVIIe siècle. La fantaisie chromatique est une de ses pièces les plus célèbres. Parmi les copies qui nous sont parvenues, l'une d'elles est signée John Bull, c'est celle que vous entendrez dans ce programme. Est ce une adaptation de Sweelinck par Bull ? Le contraire est-il envisageable pour les autres versions ? On peut même rêver d'une collaboration entre ces deux grands compositeurs : saura-t-on un jour ?...

D’Anvers à Amsterdam, les éditeurs publient des recueils de chansons dans lesquels les Ballad Tunes, importés par des musiciens catholiques fuyant l’Angleterre, sont paraphrasés. Ainsi trouve-t-on la mélodie de Bara Fostus Dream avec des textes religieux ou profanes, et sous différents titres (Engels Baravastres Drom, Phoebus). Le duo entre Coridon et Silvia se chante “sur l’air” de Malle Symen (Malsims, également varié dans le Fitzwilliam Virginal Book et par Sweelinck). Ces mélodies connues de tous accompagnent la vie de tous les jours et se retrouvent aussi au théâtre; nombreux personnages de Shakespeare s’expriment en chantant des Ballad Tunes, comme Ophélie, ou Feste, le Clown de La Nuit des Rois (O Mistress mine).
Les nobles et les bourgeois d’Utrecht entendent quotidiennement Jacob van Eyck : dans les rues, car il joue le carillon de la cathédrale, et sur le parvis de l’église Janskerk, où il improvise à la flûte à bec sur les airs à la mode, “pour réjouir les passants”... Paulus Matthijs, éditeur à Amsterdam à l’enseigne de ‘t Muzikboek, publie un recueil de variations, Der Fluyten Lusthof (Le Paradis de la Flûte) qui atteste de la virtuosité de van Eyck, et de la présence des airs anglais dans les Provinces Unies. Ainsi, la courante Excuse moy, malgré son titre français, est bien une déformation littéraire et musicale de la gaillarde Can she excuse.

John DOWLAND

La renommée de John Dowland a dépassé les frontières : “prince des luthistes et luthiste des princes”, ses livres de Lute songs recèlent des chefs d’oeuvre connus à travers l’Europe entière. Sa Pavane Lacrimae (Flow my tears), emblème de la Mélancolie anglaise, et probablement l’une de ses oeuvres les plus célèbres aujourd’hui, fait encore l’objet de versions instrumentales plus de 50 ans après sa publication (Sweelinck, van Eyck, Schop...).

Johan SCHOP

Une grande partie de la musique instrumentale de cette époque consiste en effet en variations (passaggi, diminutions, divisions) sur des danses ou des pièces vocales. C’est sans doute à la cour du roi du Danemark que le violoniste allemand Johan Schop a rencontré la musique de John Dowland. Mais Sine Titulo, édité par Matthijs dans ‘tUitnement Kabinet (Le Cabinet des Délices) a plutôt l’allure d’une diminution à l’italienne sur un madrigal, dont le titre (et la musique...) seraient perdus. Le Manchester Gamba Book, précieux manuscrit de la deuxième moitié du XVIIe siècle, contient de nombreuses pièces pour lyra-viol seule ; on y trouve des compositions de W.Lawes, J.Jenkins, S.Yves, etc.. qui offrent de nombreux ornements et présentent des accords (scordature) variés.

COPERARIO et FERRABOSCO

Les patronymes italiens de Coperario et Ferrabosco semblent détonner dans cette galerie de portaits d’Europe du Nord... Ils sont pourtant tous deux anglais : John Cooper italianisa son nom au retour d’un voyage en Italie; quant à Alfonso Ferrabosco Junior, né à Londres d’un père italien, il succéda à Coperario comme compositeur de la King’s Musick, et fit toute sa carrière de violiste à la cour. Les liens entre le Nord et l’Italie sont aussi très présents dans la peinture : la “leçon” du Caravage est introduite à Utrecht par Hendrik ter Brugghen et Gerrit van Honthorst. Ils rapportèrent de Rome ses oppositions violentes d’ombre et de lumière dont on retrouvera l’influence chez Rembrandt.

Les artistes :


Claire MICHON : flûtes

Elle a étudié les langues étrangères, la musique polyphonique, et la rhétorique musicale. Elle oeuvre à mettre en harmonie ses convictions de pédagogue, de voyageuse et d’interprète.

Freddy EICHELBERGER : clavecin

Il aime les pays chauds et la musique des îles, qu’elles soient britanniques ou pas. Le jeu musical est pour lui un moyen de donner corps à ses rêves, voire de les transmettre…

Odile EDOUARD : violon

Elle poursuit un but dans sa recherche musicale : rendre à chaque note son rôle expressif. Elle travaille pour créer de vives émotions afin de les partager avec ses amis musiciens, ses élèves et son public.

Pascale BOQUET : luth

Attirée par les siècles passés et la vie des saltimbanques, elle a choisi la musique Renaissance, vivante et intimiste, et le luth pour ses immenses possibilités d’accompagnement. Elle cherche aussi à transmettre ce plaisir par l’édition et l’enseignement.

Sylvie MOQUET : viole de gambe

Elle ce qu’elle aime, c’est chercher. Dans son instrument, la viole, il y a tellement d’univers sonores différents, évocateurs de mondes proches et lointains - dans le temps et dans l’espace - qu’il lui faudrait plusieurs vie pour tous les découvir…

Nathalie MAREC : soprano

Professeur de Formation Musicale à l'ENM de St-Nazaire, Elle participe à de nombreux concerts et enregistrements au sein d'ensembles tels que Ludus modalis, Akademia, Jacques Moderne.

Bruno BOTERF : ténor

Chanteur passionné par la musique de la renaissance et du début du baroque, musicien épris de polyphonie et de contrepoint, il se délecte d’entrelacs musicaux et de rencontres sonores. Il aborde régulièrement le répertoire du Seicento, tant en duo, au sein d’ A doi tenori, (ensemble créé avec Gilles Ragon) qu’en solo, collaborant avec les ensembles Akademia, Les Witches, William Byrd ou La Fenice. Titulaire du Certificat d’Aptitude de Musique ancienne, il a enseigné au Conservatoire de TOURS, participant à la naissance d’une classe d’interprétation de la Musique vocale de la Renaissance. Cette pratique pédagogique l’a conduit à créer l’ensemble Ludus Modalis constitué d’une douzaine de chanteurs A Capella, dont le répertoire couvre essentiellement la période de la musique sacrée des XV et XVIe siècles.

 

www.leswitches.com


© 2012 Automne Musical de Châtellerault - Tous droits réservés | Conception : Einden Studio