
Musique de chambre au XVIIIe siècle
Sonate en do Majeur pour flûte et basse continue (BWV 1033)
Andante/Presto - Allegro - Adagio - Menuet I et II Jean Sébastien ou Carl-Philipp-Emmanuel Bach
Sonate en sol mineur pour flûte et clavecin obligé (H. 542.5)
Allegro - Adagio - Allegro Carl-Philipp-Emmanuel Bach
Sonate en ré mineur pour violoncelle et basse continue opus V n°2
Andante/Presto - Adagio/Allegro Francesco Geminiani
Sonate en si mineur pour flûte et clavecin obligé (BWV 1030)
Andante - Largo e dolce - Presto/Giga Jean Sébastien Bach
Sonate en la mineur pour flûte traversière solo (Wq. 132/H. 562)
Poco adagio - Allegro - Allegro Carl-Philipp-Emmanuel Bach
Chromatische Fantasie und Fuge pour clavecin en ré mineur (BWV 903)
Jean Sébastien Bach
Sonata en mi mineur pour flûte et basse continue (BWV 1034)
Adagio ma non tanto - Allegro - Andante - Allegro Jean Sébastien Bach

Premier Prix du Conservatoire National de Région de Versailles dans la classe de Roger Bourdin en 1974, Olivier Lusinchi obtient l’année suivante la Licence de Concert - Premier nommé avec les félicitations du jury –dans la classe de Fernand Caratgé à l’Ecole Normale de Musique de Paris.
Encouragé par Michel Debost, il continuera de se perfectionner avec Kathleen Chastaing et auprès de personnalités marquantes comme Stéphane Cardon, Alberto Ponce, Alvaro Pierri,… et tout récemment Maria-Tecla Andreotti, flûte solo de l’Ensemble Baroque de Limoges.
Remarqué par Mme Ibert, il sera invité à jouer à la Fondation Jacques Ibert, prélude à de nombreux concerts à Paris et en région avant de participer à diverses tournées JMF et CMR puis de créer plusieurs oeuvres aux concerts du “Tryptique” à Paris.
Il joue autant en soliste qu’en musique de chambre (avec guitare, piano, harpe, clavecin) et se produit en France, en Allemagne, avec le Trio à cordes de Zürich (Zürich, Baden, Genève, Rencontres musicales de Lorraine-Nancy, Festival des Iles - Port-Cros, Festival de Beausoleil, Automne musical de Châtellerault, Orzi Nuovi), avec le claveciniste Gianmaria Bonino (Soirées musicales de Chiari, Automne musical) avec l'ensemble Musicale Mista, avec le pianiste Todor Petrov (Messine, Roccalumera, Sofia , Wernberg), avec le quatuor Elysée ainsi qu'avec "Les Solistes de Sofia" en Bulgarie
(Sofia, Varna).
Il est régulièrement appelé depuis 2000 pour siéger comme jury au Concours international d'interprétation de musique contemporaine organisé par l'Accademia dei Concordi à Rome.
Passionné par l’enseignement, titulaire du Certificat d’Aptitude, il enseigne à l’Ecole Nationale de Musique et de Danse de Châtellerault depuis 1976. (Il a été conseiller pédagogique et formateur de 1990 à 1997 au Cefedem de Poitiers -Centre de Formation des Enseignants en Musique-).
Engagé dès 1978 dans l’organisation de concerts, il fonde en 1990 le festival “Automne Musical de Châtellerault” dont il assure depuis la direction artistique tout en participant activement, sous la direction notamment d'Augustin Maillard à de nombreuses productions en région (Canto General, Carmina Burana, Festival lyrique de Montmorillon…).

Né en 1975, premier prix du Conservatoire de Cuneo dans la classe de Dario Destefano, il se perfectionne ensuite avec G. Caramia, B. Baratz, A. Meunier et R. Filippini à l’Ecole de Musique de Fiesole.
Il a suivi des Master Class de J. Goritzsky et F. M. Ormezowski. En 1996 il est finaliste du concours de
violoncelle “Città di Vittorio Veneto”.
Il collabore avec plusieurs orchestres dont le Jeune Orchestre Italien, avec lequel il a participé à de nombreuses tournées en Italie et à l’étranger, et le Philharmonique de Turin, notamment pour des émissions de télévision.
Il a donné des concerts en Italie et à l’étranger, en particulier avec l’Ensemble Vivaldi en compagnie duquel, en 1995, il a réalisé une tournée au Brésil en tant que soliste. Il a enregistré pour la Maison de Disque Sarx. Actif également dans le domaine de la musique légère, il a collaboré entre autres avec les groupes Yo Yo Mundi et Supernova.

Premier prix de piano du Conservatoire “G. Verdi” de Milan dans la classe de Lydia Arcuri, il se perfectionne au Conservatoire de Lucerne avec Myeczislaw Horszowski. Il étudie ensuite le clavecin et obtient son diplôme au Conservatoire de Gênes dans la classe d’Alda Bellasich en 1989, puis le diplôme de piano au Conservatoire supérieur de Winterthur (Suisse) en janvier 1999.
Se consacrant depuis son plus jeune âge à ses activités musicales, il a joué en tant que soliste dans de nombreuses villes d’Italie et d’ailleurs (Gênes, Bergame, Trieste, Milan, Sydney, Vienne, Moscou, ainsi qu’aux Etats-Unis où il obtient en 1992 le 3e prix pour son interprétation des “Variations Goldberg” à la Société Bach de Washington, et est invité par de multiples festivals dans le monde. Il fonde en 2001 l’ensemble “Musicale Mista” et “Les musiciens de Vivaldi”avec le violoniste Glauco Bertagnin, ensembles qui
se produisent régulièrement. Il a enregistré l’intégrale des sonates de Haendel avec le flûtiste Andrea Oliva et celles de JS Bach avec le flûtiste Luca Ripanti.
Il a joué avec les orchestres philarmonique de Turin, celui de la Scala de Milan ainsi que d’autres et avec les flûtistes Shinegori Kudo, Maxence Larrieu, les violoncellistes Enrico Bronzi, Vittorio Ceccanti, Alessandro Laffranchini, avec le quintette à cordes “Atheneum” de la Philharmonie de Berlin avec lequel il a réalisé plusieurs créations de musique contemporaine en 2005 pour la RAI et pour le festival de Cincinatti (USA). Il joue aussi avec les Virtuoses de la Philharmonie de Berlin puis avec la “Philharmonische Kamerata Berlin” et le hautboïste Albrecht Mayer (festivals de Lucerne, Rheingau et nombreuses tournées en Espagne,
France, Slovénie et Italie). Récemment il a joué comme soliste pour le concert d’ouverture de la saison 2007/2008 de la Philharmonie de Berlin.
Si l’on en croit l’arbre généalogique commencé par le premier et complété par le second, c’est au XVIe siècle que Vistus Bach, meunier joueur de cistre et fondateur de cette dynastie de plus de quatre-vingt musiciens, quitte la Hongrie pour s’installer en Thuringe afin de vivre librement sa foi luthérienne. Pendant ce règne qui dure près de trois siècles, la famille Bach connaîtra une ascension, une apogée et un pseudo déclin qui n’est autre que la transition entre le style baroque et le style classique assurée par la génération du style galant et de l’Empfindsamkeit ou ère de la sensibilité. Pour la Germanie, cette période dite des “fils de Bach” (1730-1790) permet à l’école de l’Allemagne du nord de devenir une terre de théorie musicale et de
philosophie tout en perdant provisoirement sa suprématie dans le domaine de la création musicale au profit de la capitale impériale Vienne.
Pour le père, comme pour le fils, le goût allemand ne peut exister que dans le cadre d’une création synthétique qui tiendrait compte des goûts français, italien et allemand 1 et établirait un parfait équilibre entre logique architecturale et sensibilité. Si pour Johann Sebastian, l’oeuvre musicale paraît se suffire à elle-même, pour Carl Philipp Emanuel, elle doit s’accompagner d’une pensée théorique consciente qu’il résume au sein de son Versucht über die wahre Art das clavier zu spielen (Essai sur la manière de bien jouer des instruments à clavier, 1753). Il en va de même du compositeur italien Francesco Geminiani (1687-1762) avec
la publication de son traité The Art of Playing on the Violin (1751) qui peut servir aussi bien au violon, au violoncelle, à la flûte ou au clavecin.
J.S. Bach exerce toute sa vie en Allemagne centrale (Thuringe, Saxe-Anhalt, Saxe), un pays qui, à la suite de la Guerre de Trente ans, est le terrain d’un conflit religieux complexe. Le catholicisme lutte pour regagner le terrain perdu et la Réforme se déchire entre calvinistes et luthériens. Au sein même de ces derniers, les “orthodoxes” souvent fondamentalistes sont ouverts à la musique au sein des cultes considérant que c’est un moyen privilégié de glorifier Dieu ; à l’inverse, les “Piétistes” qui défendent les droits du coeur et la nécessité d’une foi personnelle sont souvent fermés à la musique religieuse lorsqu’elle prend trop de pouvoir sur les sens. Ils s’opposent en particulier au style concertant italien accusé de donner naissance à des chants de sirènes qui détournent de la méditation, mêlant avec le sacré les vanités du monde et adultérant l’or de la divine vérité 2 . Des tentatives avortées pour réconcilier les églises calvinistes et luthériennes, voire pour oeuvrer à un rapprochement entre Réformés et Catholiques se font régulièrement jour. Il appartient à la musique de réussir cette église de la paix voulue par Karl Ludwig, prince électeur du Palatinat à Mannheim.
J.S. Bach permet à l’Allemagne de devenir cette terre de synthèse musicale.
Dès son plus jeune âge, le compositeur manifeste un vif intérêt pour l’orthodoxie luthérienne et la dialectique
théologique. Impatient de commencer une carrière de musicien professionnel, J.S. Bach renonce aux études
universitaires et obtient rapidement (1702) ses premiers postes au sein de villes et cours luthériennes appartenant à sa Thuringe natale. Il se heurte une première fois au conflit qui oppose les luthériens orthodoxes et piétistes à Mülhausen (1707-08). Puis, en quittant Weimar pour Köthen (1717-23), il abandonne une ville profondément luthérienne - dont le duc ne tolérait aucune dérive piétiste ou calviniste - pour une ville profondément calviniste en proie à de grandes tensions religieuses entre calvinistes et luthériens 3 auxquelles le nouveau kapellmeister refuse de prendre part. De coeur avec son nouvel employeur et de raison avec ses coreligionnaires luthériens, il assiste aux offices religieux de la Cour 4, fait baptiser son nouveau-né Leopold August dans la chapelle du château, envoie ses enfants à l’école luthérienne et trouve en la musique instrumentale un exercice musical consensuel qui lui vaut pendant longtemps l’admiration et l’amitié du prince Léopold von Anhalt-Köthen (1694-1728). Eduqué selon
les canons de l’aristocratie allemande de son époque, le jeune monarque pourvu d’une belle voix, apprend à jouer du violon, de la viole de gambe et du clavier et apprécie de se joindre à son orchestre lors de divertissements privés.
Il n’hésite pas à investir une partie de sa fortune pour obtenir des musiciens de la cour de Berlin fraîchement
licenciés par le roi Frédéric Wilhelm I de Prusse (1657-1713), offrant ainsi à son kapellmeister un orchestre de dix-sept musiciens de grandes qualités incluant huit solistes désignés comme musiciens de chambre : 2 violons, 1 violoncelle, 1 viole de gambe, 1 hautbois, 1 basson et 2 flûtes ; la partie d’alto étant assurée par J.S. Bach lui-même. D’autre part, le prince n’hésite pas à lui acheter des instruments de grande qualité, comme le clavecin à deux claviers signé du facteur berlinois Michael Miethke (1719). Ces conditions idylliques suscitent chez le musicien une véritable frénésie de compositions dont une grande partie est aujourd’hui perdue. De cette époque datent probablement la Sonata en si mineur pour flûte et clavecin obligé et la Fantasia cromatica et fugue en ré mineur inscrites au programme.