Festival Automne Musical de Châtellerault

O. Grodecoeur

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Dimanche 12 novembre à 17 h
Église Saint-jacques - Rue Saint-Jacques

 

 

Olivier Grodecœur


Récital d’orgue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Programme

Choral sur Victimae Paschali
Charles TOURNEMIRE ( 1870-1939)

Impromptu
Louis VIERNE (1870-1937)

Paraphrase sur Te Deum
Jean LANGLAIS ( 1907-1991)

Scherzo op.2
Maurice DURUFLE (1902-1986)

Toccata sur le Veni Creator
Lied (extraits des 12 pièces)
Gaston LITAIZE (1909-1991)

Dieu parmi nous (extrait de La Nativité)
Olivier MESSIAEN (1908-1992)

Variations sur un thême de C. JANEQUIN
Litanies
Jehan ALAIN (1911-1940)

Prélude et fugue sur le nom d’Alain
Maurice DURUFLE (1902-1986)

 

L’orgue symphonique et néoclassique français

 

Charles Tournemire

Choral sur Victimae Paschali
Né à Bordeaux, où il suit ses études générales, Charles Tournemire part s’installer à Paris pour suivre l’enseignement de César Franck puis Charles Marie Widor au conservatoire de Paris. En 1898, il est nommé successeur de C. Franck à la tribune de Ste Clotilde. Ce sera alors le début d’une carrière internationale. Il fut nommé professeur de la classe d’ensemble au conservatoire en 1921. Compositeur, il nous laisse une œuvre monumentale : pour l’orgue dont l’orgue mystique, pour le piano, la scène, et huit symphonies. L’ œuvre présentée dans ce programme est la restitution réalisée par M. Duruflé d’une improvisation enregistrée par Tournemire en 1930-1931.

Louis Vierne

Impromptu
Né à Poitiers en 1870, Louis Vierne fut lui aussi élève de Franck et Widor au conservatoire; Nommé titulaire à Notre-Dame de Paris en 1900, Il fut, avec Guilmant, l’un des premiers vrais récitalistes, en témoignent ses tournées triomphales aux Etats-Unis. Sa musique d’orgue ne compte pas moins de six symphonies, six suites de pièces de genre, deux messes et quelques pièces isolées. L’impromptu est extrait de la troisième Suite op.54 des pièces de Fantaisie composée en 1927. Les 24 pièces de Fantaisie constituent un ensemble de pièces de concert imposant de par son ampleur et la profondeur de l’inspiration qu’il démontre.

Jean Langlais

Paraphrase sur Te Deum
Né en Ille-et-Vilaine en 1907, Langlais débutera ses études musicales à l’institut des jeunes aveugles de Paris avant de rejoindre les classes de M. Dupré (orgue) et P. Dukas (composition, où il fut condisciple de Messiaen). Il succéda à Tournemire à l’orgue de Ste Clotilde en 1945. Il puisa ses sources d’inspiration dans le Plain-chant (influence de Tournemire) et le Folklore breton. Son œuvre est essentiellement dédiée à l’orgue (environ 300 pièces). La paraphrase sur le Te Deum, dernière des trois paraphrases grégoriennes de 1934, est d’un langage modal, conditionné par le thème lui-même. Toute fois, Langlais réussit à faire preuve d’un style propre, qui marquera la suite de son œuvre. D’une très grande
liberté de style et de structure, la pièce relève de l’improvisation notée.

Maurice Duruflé

Scherzo op.2
Prélude et fugue sur le nom d’Alain
C’est dans une maîtrise à Rouen que Duruflé a débuté ses études musicales, y apprenant nous seulement le chant, mais aussi le piano et l’orgue. A partir de 1919, il va lui aussi travailler auprès de Tournemire, Dupré et Dukas. Nommé à l’église St Etienne du Mont en 1930, il y restera jusqu’à sa mort. Il fut dès 1943 suppléant de Dupré et professeur d’harmonie au conservatoire jusqu’en 1969. Il eut aussi une très belle carrière de virtuose en Europe et aux Etats-Unis. Son œuvre, peu abondante mais d’un raffinement et d’une qualité rares, est constituée de 7 œuvres pour orgue, deux messes dont le célèbre Requiem, quatre motets, deux pièces symphoniques et une pièce de musique de chambre. La pauvreté du catalogue révèle une extrême exigence de perfection. Le scherzo op.2 est une œuvre de jeunesse. Dédiée à Tournemire, elle est marquée par l’expérience symphonique du compositeur, et l’on n’a pas de mal à imaginer une orchestration de cette pièce. La structure est traditionnelle A B A.
Le prélude et fugue sur le nom d’Alain est un Hommage de Duruflé à son ami mort fusillé par les allemands en 1940 près de Saumur. Ce diptyque composé en 1942, commence par un prélude fluide dont le mouvement de triolets est basé sur les notes la-ré-la-la-fa représentant le nom ALAIN d’après la notation anglo-saxonne ; un second motif solo est issu directement du thème des litanies de J. Alain, sorte de miroir déformant du thème ; le prélude s’achève sur un épisode plus calme et mystérieux où le thème des Litanies sera énoncé entièrement ; la fugue, en fait une double fugue, a pour sujet le premier thème (ALAIN), commençant dans une ambiance lyrique puis s’animant progressivement jusqu’à une fin brillante.

Gaston Litaize

Toccata sur le Veni Creator
Aveugle, tout comme Vierne et Langlais, il commença ses études à Nancy avant d’intégrer l’institut des jeunes aveugles à Paris. En 1927, il rejoint la classe de Dupré, aux côtés de Messiaen et Langlais et obtient son prix en 1931. Après avoir étudié l’écriture et la composition auprès de Büsser et Caussaude, il a obtenu un second prix de Rome en 1938. Virtuose, il fut aussi un pédagogue recherché et un grand nombre d’organistes actuels ont eu la chance de travailler avec lui. Il ne nous a laissé qu’une douzaine de recueils pour l’orgue et 3 messes pour chœur et orgue. La toccata sur le Veni Creator est extraite, comme le Lied, des douze pièces pour grand orgue composées à partir de 1932. Le terme de toccata s’applique de par le
mouvement ininterrompu de doubles croches, le thème du Veni Creator n’apparaissant que par bribes ; il en résulte une impression de spontanéité propre à l’improvisation, art que Litaize menait en maître. Au caractère incandescent de la toccata, s’oppose celui du Lied. La référence à la musique vocale n’est pas un caprice de compositeur ; en effet le thème se révèle proprement vocal : une souple mélopée s’élève du grave et donnant matière à développement et amplification. L’art et la manière ne sont pas sans rappeler Mahler. La pièce se termine dans l’apaisement, l’accompagnement se désagrégeant au fur et à mesure que la fin approche.


 

Olivier Messiaen

Dieu parmi nous (extrait de La Nativité)
Peut-être le compositeur le plus important du XX° siècle; il n’hésita pas à créer son propre “langage musical”, du point de vue mélodique, harmonique et rythmique. Homme à part, pour certains étrange, d’une immense culture, curieux des modes de vie des autres civilisation, connaissant par cœur tout Shakespeare qu’il déclamait par plaisir alors qu’il était encore adolescent, il a puisé son inspiration aussi bien dans les écrits des plus grands théologiens et philosophes, que dans les musiques extra-européennes, notamment d’Inde et du Japon, ou encore dans l’écoute et la restitution du chant des oiseaux du monde entier. Sa musique, quelque soit l’époque de création, reste profondément marquée par sa foi mystique, et se veut résolument religieuse. “Dieu parmi nous”, ultime pièce du cycle “La Nativité”, est une méditation, dans le sens de la réflexion sur un mystère. Il s’agit en fait d’une toccata, comme ont pu en écrire des Frescobaldi ou Froberger ; ici, la forme n’est pas prétexte à une suite de double croches ininterrompues comme en ont écrit nombre de compositeurs au XIX° siècle, mais plus une succession de séquences contrastées illustrant le propos que l’on trouve en exergue: “Paroles du communiant, de la Vierge, de l’Eglise toute entière : Celui qui m’a crée a reposé dans ma tente, le Verbe s’est fait chair et il a habité en moi. Mon âme glorifie le Seigneur, mon esprit a tressailli d’allégresse en Dieu mon Sauveur”.

Jehan Alain

Variations sur un thême de C. JANEQUIN
Et Litanies
Au caractère sérieux, grave voire austère de Duruflé ou de Messiaen, s’oppose l’esprit spontané, caustique de J. Alain. Issu d’une famille de musiciens, il a baigné dès son enfance dans un bain de musique partagée en famille, parfois au coin du feu ou d’une table. Famille où l’on chantait tous les soir à quatre voix les chorals de Bach ou des chansons de la renaissance. J. Alain, ouvert dès son plus jeune âge à la musique, ne pouvait que nourrir cet appétit de sons anciens ou nouveaux ; aussi a-t-il écrit en l’espace de seulement dix ans 120 pièces plus ou moins achevées. Ses œuvres reflètent totalement son esprit, son caractère : une vie intérieure intense, une sensation d’urgence (prémonitoire?), ressortent nettement dans sa musique ; les pièces sont souvent brèves, de caractères variés- on peut passer de la plus grande
légèreté à la plus profonde tristesse en l’espace de deux secondes. On peut retrouver l’influence de la musique de la renaissance, aussi bien celle du jazz ou encore celle d’Afrique du nord (L’exposition coloniale de 1932 y est pour beaucoup comme pour ses confrères de l’époque : Messiaen, Jolivet, Daniel-Lesur et bien d’autres).
Les variations sur un thème de C. Janequin (thème qui n’est d’ailleurs pas de Janequin mais d’un anonyme publié par Attaignant) sont une des œuvres, avec les Litanies et les trois danses, les plus connues de leur auteur : trois variations se suivent, la première étant une harmonisation “classique” à trois voix, la deuxième aussi à trois voix chemine dans un langage harmonique plus audacieux, la troisième développant et commentant les deux premières.

Les litanies : laissons le compositeur parler : “il faut, …, donner l’impression d’une conjuration ardente ; la prière ce n’est pas une plainte, c’est une bourrasque irrésistible qui emporte tout sur son passage. C’est aussi une obsession : il faut en mettre plein les oreilles des
hommes… et du Bon Dieu … » Olivier Grodecœur

   

Olivier Grodecœur :

 

Organiste de formation, Olivier Grodecoeur a débuté ses études musicales à Angoulême où il obtient son premier prix d’orgue en 1989. Il ira par la suite poursuivre sa formation auprès de Francis Chapelet, François-Henri Houbart et surtout Marie-Claire Alain avec lesquels il obtiendra tous ses prix. Il a participé à de nombreux concours internationaux (Paris, Pretoria, Prague, Munich) et a remporté en 2002 le prix pour la meilleure interprétation d’une œuvre de Messiaen au Concours International de la Ville de Paris. Son activité de concertiste l’a amené à se produire dans de nombreux festivals en France (Paris, Montpellier, Avignon, Carcassonne, Bordeaux) mais aussi à l’étranger (Pologne, Afrique du Sud, Espagne, Italie, Allemagne).
Pianiste Accompagnateur à l’Ecole Nationale de Musique et de Danse de Châtellerault depuis 2002,
Il partage désormais son temps entre la pratique de l’orgue et l’accompagnement des chanteurs et
instrumentistes.

 

 


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